dimanche 5 juillet 2009

Assassins

Allez vous faire mettre, tous...
Je vous sens venir, avec votre chaos contrôlé et ça me plait pas du tout.
Vous avez baisé le rêve, vous avez niqué mes idéaux. Il reste quoi maintenant, hein?
Vous en avez fait quoi du sens du labeur, du souci de perfection, des idées visionnaires? Vous voulez que je reste couchée, que je bouffe vos flots d'inepties et d'hérésies? J'en ai la gerbe de vos dégueuloirs à images, de votre mode fasciste, de votre cynisme assumé. Vous m'avez collé un entonnoir dans la gorge, bande d'enculés, et vous me gavez de saloperies qui me poussent vers l'incertitude, vers le désespoir. Et si je veux pas bouffer, j'ai plus qu'à me rouler en boule et à crever de honte dans mon refus d'obtempérer aux tendances. Vous voulez me tuer...
Je sers à rien dans votre monde, je suis trop ou pas assez grosse, je suis trop ou pas assez moche, je bois trop ou pas assez, je me drogue pas assez, j'ai pas le style, j'ai pas l'attitude, j'ai pas la bonne connexion... Pas trendy, comme vous dites. Je sais pas jouer. Clairement. Je sais que m'ouvrir les tripes, je sais qu'être moi. J'ai le chant brut, à fleur des nerfs, j'ai pas été taillée pour l'image putain, j'ai été formée pour être la meilleure dans ma branche. J'ai refusé tout compromis, j'ai foiré mon adolescence pour le travail obsessionnel. Je suis la meilleure performeuse de Paris, et ça me sert à rien.
Parce que j'ai pas bossé pour être enfermée dans pro-tools, pour serrer mon cul dans un short taille-basse, pour chanter dans des clubs ché-brans, pour jouer sur du vintage en portant des converse et des ray-bans, pour compresser 25 pistes de voix doublées et autotunées. Du temps de l'âge d'or, personne n'aurait osé remixer les saturations d'Hendrix ou réajuster les voix d'Otis Redding?
Je suis pas bankable mon pote, en 2009. Pas assez rock, pas assez soul, trop Rythm n Blues pour être R&B, pas assez noire pour le Rythm n blues, trop folk pour être funk, trop funk pour être folk, pas assez ou trop pop, j'ai jamais téléchargé illégalement, et je comprends rien à l'électro.
J'ai bossé pour des clous.

Tout se casse la gueule. Ils m'ont niqué tout ce qui valait le coup. Il m'ont violé mes références. Je vais faire quoi maintenant qu'ils l'ont buté? Mon oméga de la pop, mon grand amour, le sens de ma vie. Ce premier amour, c'est à la fois le disque, l'analogique, le direct, le happening, la sueur, l'improvisation, le temps nécessaire à l'élaboration d'une bonne chanson, l'art d'interprétation et le génie authentique.
Poubelle, tout ça. Aujourd'hui, on dit que Pedro Winter est un génie, que Lady Gaga est une reine de la pop et que Kanye West est un grand artiste.
Je suis bonne à rester couchée, à m'enterrer sous la couette devant un écran d'ordinateur qui va m'apprendre ce qui est bien vu au goût du jour et ce qui sera obsolète le lendemain.
Si j'étais une fille ambitieuse et avide de lumière, je surferai comme tout le monde, avec aisance sur les tendances. Et je ne sentirai aucun changement dans l'air, je ne préoccuperai pas de l'avenir du monde, et je façonnerai mon égo. Mais j'aime l'obscurité et je ne sais rien faire d'autre que de respirer et de crouler sous la frustration de ne créer que pour ma gueule, de peur d'être violée et liposucée sur la place publique. Ils vont me tuer les enculés. Comme ils l'ont tué.

vendredi 26 juin 2009

26 JUIN 2009 - 02h10

Un orage des plus violents a éclaté cette nuit. La nuit précédente, je n’avais pas dormi. Trop occupée à tituber sur des lignes mélodiques en m’aidant de médications stupéfiantes. Etrange journée blanche. Etrange nuit.
Tout ceci précède l’annonce qui retourne le ventre.
En ce qui me concerne, il est difficile d’expliquer SON importance fondamentale à la fois dans mon imaginaire, dans mon évolution artistique, dans mon évolution sociale. Chez moi, IL dépasse le théorique, IL surpasse tout jugement objectif.
Je LUI vouait et voue toujours un amour au-delà du raisonnable.
IL est le départ même de toute ma construction artistique, de mon choix déraisonnable d’emprunter cette voie comme chemin de vie. Sans LUI, je peux dire que je ne serai pas moi.
Quand on me demande comment j’en suis venu à la musique, je raconte toujours la même histoire : en 1987, j’ai 5 ans. J’ai pour possession précieuse un vieux walkman à cassette. Et dedans l’album Bad. Le plus vieux souvenir de musique que j’ai et qui n’est plus jamais sorti de moi. C’était la première fois que j’ai commencé à retenir des lignes mélodiques, à la décortiquer avec un plaisir passionnel, à prendre conscience de ma mémoire musicale et de la sensibilité de mes oreilles.
IL en est l’unique responsable. Puis j’ai acquis frénétiquement petit à petit tous les autres enregistrements existants. SA voix est tellement encrée dans ma peau que j’ai dans ma propre voix certaines de SES inflexions que j’ai acquis par automatisme obessionnel. Car c’est là le premier choc : SA voix et SES interprétations, les plus incroyables, inhumaines et révolutionnaires.
Mon premier émoi hétérosexuel, IL en est le responsable, référence à la première vision du clip Bad réalisé par Scorsese, fondation même de ma passion jusque là inaltérable pour les hommes vêtus de cuir noir, et détermination de mon éternelle attirance pour le danger et les fréquences basses.
IL est responsable de tous mes premiers chocs artistiques alors que j’étais trop jeune pour avoir la conscience même du concept d’art. Ce n’était pas l’art pour moi, c’était mon quotidien. Je n’ai, depuis, jamais su faire la différence entre le réel et l’imaginaire musical. Creusant ainsi un fossé conséquent entre moi et les autres. IL en est le responsable. N’étant pas né dans un microcosme où la musique avait de l’importance, j’ai basé toute ma culture sur lui. Tout ce que je connais de la musique aujourd’hui est comme un grand arbre d’analogies et de concordances dont la seule est unique racine est… LUI.
Je lui ai dédié mon enfance et mon adolescence. Je pêchais et prêchais par lui. Mon icône païenne, ma référence ultime, totalement irréprochable. Je collectionnais tout ce que je pouvais le concernant sans aucune objectivité. Car ayant révolutionné ce que je suis, tout lui est pardonnable. Ma fierté était au delà de toute expression lorsque j’annonçais que je l’avais vu de mes yeux deux fois dans ma vie : inauguration d’une statue au musée grévin, 1996, et concert au Parc des Prince (History Tour) 1997.
Depuis, tout ce qu’IL a traversé, je le vivais avec LUI, l’accompagnant par l’esprit d’encouragements et de prières. En grandissant, j’ai affiné mon regard, tenté d’être objective : mais mon amour l’emporte. Car à ce stade là, c’est d’amour qu’il s’agit.

Mon récit semble dingue ? Il ne l’est pas puisque je le partage avec un nombre incommensurable d’êtres humains à travers le monde. Et je parle donc en NOTRE nom. Au nom de ceux pour qui IL était une partie fondamentale de notre culture. Ce soir d’orage, c’est un bout de nous-même qu’on a arraché, violemment. Une partie
de notre histoire, une de nos références ultimes marquée au fer rouge dans tous les inconscients collectifs. On entretient avec LUI une histoire passionnelle si profonde, si déchirante, si enragée. Entre les fans et les détracteurs, il n’y a pas de grosse différence mis à part l’intention : IL générait quelque chose d’au-delà du fascinant.

J’ai vécu ce moment-là en rêve plusieurs fois. Je me réveillais en sueur, priant pour que ce ne soit pas vrai. Je me préparais, j’y pensais parfois, me disant qu’un jour ça allait arriver. On s’y attend jamais à ces choses-là.
J’ai appris la nouvelle il y a deux heures, c’est trop frais, j’extrapole tout, je délire, je sanglote, je ne me contrôle pas. J’essaie de rationaliser, mais la raison déraille. Je lutte contre moi-même. Je n’ai pas perdu un proche, un membre de ma famille, je n’ai pas perdu un grand ami… J’ai perdu une partie de ce qui m’a fait, j’ai mal à l’intérieur.
Je sais au fond, sans trop l’avouer encore, que ce moment marque une étape décisive. Car toute disparition iconique correspond historiquement à une charnière dans les « vagues » artistiques. Mais cette disparition est tellement douloureuse et retentissante à l’échelle mondiale qu’elle ira jusqu’à marquer une étape de changement au niveau même de l’industrie voire, au niveau social.

En ce qui me concerne, il est évident que ce jour est celui que je redoutais le plus car il marque une étape d’une douleur insupportable pour une rêveuse passionnée de mon bel âge : cette nuit, mon enfance est morte. Définitivement. Partie avec lui.
LUI … Ma fondation, le cœur de mon univers sensible, mon modèle entre tous.. Je suis inconsolable. Je l’aime. Pour toujours. Sans LUI, je ne serai pas MOI. Merci d’avoir existé.

samedi 13 juin 2009

La chkoumoune derrière les talons.

Me foutrais des baffes tiens... A me prendre pour une missionnaire, je me bousille mon karma. J'étais peinard, donc. Et puis, l'appel au loin. Des coeurs en détresse?... Je me suis sentie l'âme d'un cavalier blanc au service de l'humanité qui souffre. Je suis partie le coeur vaillant, l'épée à la main, dessinant dans ma cervelle les moulins à vent que j'allais combattre. Tayo, tayo!!! gueulait la brave conne... Résultat des courses : j'ai failli mourir dans un accident de bagnole, les ampoules m'ont pété à la gueule, les vitres n'ont fait que d'exploser à tire-la-rigot, j'ai claqué un fric monstre pour parer les catastrophes, oups, j'ai raté l'avion et les histoires d'amour finissent mal... en général. Y'a des jours comme ça où on ferait mieux de rester au lit. Le bon côté, c'est les gens extraordinairement cools avec qui j'ai passé le temps durant ces mésaventures. Elle est sympa l'humanité parfois. Mais, avec tout le respect que je lui dois, je rends ma casquette et mon tablier d'apprenti cavalier blanc qui transforme ses missions en films des Monthy Pynthon avec Pierre Richard dans le rôle titre.

Quelle histoire...

Sinon, dans mon réel à moua, je me dresse contre de vieilles murailles. J'arrive pas à les faire tomber. Les contourner ou les briser, cela dépasse les limites de mon éthique. Avec de l'entraînement, je crois que je peux réussir à les enjamber.
Au fait, j'ai été voir ACDC au stade de France. Grande leçon de rock n roll. Y'a rien à faire : la communauté dans laquelle je suis née, c'est ma culture. Le rock dans ce qu'il a de plus noble, c'est ma religion. Je vais me le tatouer, tiens.

jeudi 21 mai 2009

Viviane s'en va-t-en guerre...

"Mon problème, c'est que j'suis une nana vachement trop conventionnelle. Cela dit, pourquoi je tricherai? Riez pas, hein... Mais moi, ce qui me plairait, ce serait être boulangère." Viviane (Vincent Perez) dans "Ceux qui m'aiment prendront le train" de Patrice Chéreau.

Si tu veux, Viviane (qui s'appelait en réalité Frédéric), recherche l'expression d'une vérité innocente. Le changement de sexe n'est qu'un passage pour arriver vers ce qui lui semble être elle. Finalement, c'est pas si important. Ce qui compte, c'est le passage qui conduit à la mutation. La réelle mutation nécessaire et primordiale, c'est péter la gueule à l'étiquette qu'on nous a collé. C'est de niquer une bonne foi pour toute un masque social fabriqué, élaboré par nos soins, une personnalité appréciée, étudiée, conforme, opaque et finalement, destructrice. Elle est libre Viviane, du haut de ses talons haut, elle touche sa poitrine toute neuve, elle met des petites culottes en dentelles, elle fait la popotte. Elle est pas heureuse, Viviane, peut-être qu'elle le sera jamais.. Mais elle a ces cadeaux, ces éclairs de jubilation qu'elle s'est offerte à elle-même. En égoïste.
Je ne suis pas Viviane ; elle met du maquillage quand moi je l'enlève. Elle se paye des talons haut quand j'ai envie de marcher pieds nus.

Ma plus grande qualité jusque là était ma générosité sans borne, ma compassion incontrôlée. Je fous au placard tout ça : car la cruelle réalité prouve que les bienheureux sont les égoïstes.
La transformation de Viviane ou mon voyage en solitaire, c'est kif-kif : ce sont des actes purement égoïstes. Pour une pseudo Mère Théresa dans mon genre qui se couperait un bras pour n'importe quel trouduc, c'est le coup d'état du siècle. Donc fatalement, comme Viviane, après une opération de ce genre survient la mutation.
Tin-tin-tin-tin....
Grosso Merdo, si je m'improvise médecin de ma gueule, je constate les signes secondaires suivants :
- Y'a des pains qui vont partir, y'a des baffes qui vont voler dans la nature. Je deviens intolérante au possible, la connerie devient inacceptable, les maladresses sont impardonnables. Je taille dans le lard, j'emmerde le consensus, je chie sur le compromis. Le prochain qui me balance un mot mal placé, quelque soit le ton sous lequel il est dit, je m'en irai lui balancer les conséquences au centuple à coup de massue dans la tronche. Non mais.
- Aucune envie de plaire, aucune envie de séduire : le monde étant peuplé de 99% d'arrogants, d'irrespectueux, d'avares, d'incultes et de langues de pute, je vois pas pourquoi je me décarcasserais à m'habiller en princesse à chaque sortie mondaine. Et puis celui ou celle à qui je plairais à l'état brut posera la base d'un rapport authentique, donc plus fendard.
- Je me rapproche des miens, je les comprends mieux, je les entends mieux. Ils me le rendent bien. Je trouve ma place dans ma tribu. J'espère lui apporter honneur, amour et protection.
- Je développe ma force physique : je me découvre bâtisseuse de ruche. J'aime soulever de la fonte, j'aime construire, j'aime superviser mon chantier, j'aime porter des projets. Les hormones me travaillent plus que jamais : le fruit du travail accompli sera pour la tribu à venir, celle que je vais construire, si mon destin m'autorise à finir autrement qu'en vieille fille un peu pochetrone qui n'aurait pas d'autre sujet de conversation qu'Iggy Pop, Prince ou Bob Dylan.
- Ma part artistique retrouve sa naturelle humilité. Elle n'a pas d'autre finalité que d'être. Son existence simple me suffit amplement. Ceux qui veulent être des stars, pff... rien que des fiottes qui se masturbent sur leur propre image, hontes du genre humain. Si je deviens comme eux, je veux bien être pendue.

C'est bon de retrouver la discipline, l'intégrité. Je suis un bon petit soldat. Et je sers une cause qui vaut le coup : ma gueule. Ouais.

lundi 27 avril 2009

L'Horloge parlante n'a pas toujours tort.

Ok, ok, ok.. J'avoue. Du bout des lèvres. Sans que ça fasse trop de bruit. Faut pas qu'ils entendent les autres. Haut les mains, avouez Mademoiselle, avouez, vous êtes cernée. Cernée, oui, c'est le mot. Rattrapée dans le vif, chopée entre quatre murs, allez, bon sang, faut le dire, oui, c'est vrai. J'ai les hormones qui me travaillent. J'ai les ovaires qui me grattent. J'ai le ventre et les seins vachement gourmands. La putain de ma race.

J'avoue. Je suis une femme. UNE. FEMELLE. Ca vous rattrape ces choses là. Votre sexe, qui vous saute à la gueule. Pour ainsi dire. Ma chatte me saute à la gueule. Et un jour on va m'appeler "Madââââme". Par pitié. La nature est pas coole parfois. C'est dans l'ordre des choses me direz-vous. Dans ce monde, moderne dans sa connerie, qui engendre des générations de Tanguis branleurs et psychothérapeutés de la tronche, j'avais pas vu venir. Les hormones, nom d'une truffe! Les farceuses, les garces...
Elles me travaillent au corps, c'est une chose. Elles me travaillent aussi le cerveau. Elles mettent bien en exergue l'absurdité de ma solitude, la bêtise de ma misandrie, la puérilité de mon goût pour l'immortalité et pour les nuits blanches.
Et elle se dresse devant moi, inébranlable, plus vieille que le monde, l'HORLOGE BIOLOGIQUE. Impossible de négocier avec cette pute. Fermée, solennelle, raide comme la seule Justice incontournable et incorruptible de l'histoire du monde. Entourée de ses fidèles hormones, cette policière du fun me sonne les cloches : "IL EST TEMPS POUR TOI D'ACCOMPLIR TA FINALITE BIOLOGIQUE ET TA CONTRIBUTION A CETTE PATHETIQUE HUMANITE : VAS TE REPRODUIRE!"
Oh putain. A vous filer un cancer du groove.

Quand j'étais petite, je trouvais "ça" sublime. Les femmes en-saintes, les bébés qui font "areuh, areuh", les tires-lait, les petits pots Bledina que c'est joli, tout ça... Depuis que les nénettes avec qui je partageais les bancs de la petite école se sont toutes mises furieusement à pondre des tétards qui ont même pas demandé à être là, ça me perturbe l'ordre anthropologique de mes tiroirs... Elles me font peur avec leur bide tout gonflé qui abrite un alien qu'on sait même pas s'il a pas des ambitions louches une fois sorti dehors. Je les ai vu, les grosses, avec leur gueule ronde, souriante, apaisée, toutes défoncées par des montées hormonales surpuissantes. Comment ça fait l'amour une femme enceinte? Est-ce que ça fait l'amour, une femme enceinte? J'aurai honte qu'un homme me touche si j'étais dans cet état. Ca me donne des nausées l'idée qu'un jour, y'ait du liquide blanc qui sorte de mes tétés vergeturés. Et je veux même pas penser qu'il y a des chances qu'une créature visqueuse de 50cm joue au saut à l'élastique depuis mon sanctuaire à plaisir. Mais quel mec voudrait rester après ça? Même moi, je resterai pas.
Et puis faut l'élever le merdeux après. Faut pas déconner. Et c'est parti pour 30 ans à se tailler les veines s'il est pas rentré à minuit pile comme il avait dit. Je vais être une mère horrible. Ou peut-être pas... Peut-être que je lui apprendrai à dire des gros mots et à péter dans le bain. Peut-être que j'aurai enfin un partenaire à ma mesure pour les batailles d'oreillers. Peut-être qu'on regardera des dessins animés toute la journée en bouffant des croissants qu'on trempera en entier dans le Nutella. Peut être que je lui offrirai sa première guitare et que je lui apprendrai les accords de "Wild Horses" et qu'il sera tout fier de les montrer à ses copains. Et que ce sera cool.

Tout ça pour dire que... avant le tétard, avant les nausées à 5h du mat, avant les cystites, avant les vergetures... Avant tout ça, avant même d'y penser, avant de laisser les hormones faire leur boulot... L'inévitable. Je suis une femme. Une vraie. Midinette et pipelettes. Un peu cul-cul, un peu "Vanilla" comme disent les ricains. Parce que j'aimerais poser ma tête sur une épaule quand je vais au cinéma. J'aimerais me remaquiller 30 fois avant un rendez-vous. J'aimerais me réveiller le matin et dire : "Viens, on va chercher des pains au chocolat et on passe la journée au lit." J'aimerais me prendre la tête sur ce que ce chieur aimera pour son anniversaire. J'aimerai qu'il se plaigne que ça fait quand même 3 semaines que je me suis pas épilée. J'aimerais l'engueuler en lui mettant des pansements sur la tête parce qu'il s'est battu avec un mec aussi bourré que lui à la sortie d'un bar. J'aimerais être jalouse de son ex. J'aimerais sourire aux inconnus dans la rue pour le faire chier. J'aimerais lui dire que je m'en fous des autres. J'aimerais lui écrire des mots : "Je t'aime salopard. Signé : Ta pouffiasse."

C'est ce que je dis tout le temps en ce moment : filez une boussole à l'homme de ma vie, ce con a dû encore se perdre. Avec le pot que j'ai, je m'en coltine un qui a même pas le sens de l'orientation. Il est quand même vachement à la bourre. Bon, je suis là, je bouge pas. A tout à l'heure, salopard.


Saudek "Life", 1966

lundi 13 avril 2009

I mean... I tried... Ya know... Dude... Fuck yeah.

Débloquer l'énergie. Je crois que c'est pour ça que je suis partie. Avec cette angoisse latente, avant et pendant : que se passe-t-il après? Serai-je toujours la même connasse? Ferai-je toujours les mêmes conneries?
Aujourd'hui, je peux le dire. Non, toi non plus tu n'as pas changé, tu es toujours le même étranger, tout ça, tout ça... Toujours une connasse donc. Mais une connasse avec de beaux souvenirs. Et de la créativité qui dégueule de par tous mes pores. C'est déjà ça, mon pote. L'énergie étant donc à présent diriger vers MOI et par vers VOUS (non désolée les gars, vous m'avez déjà tout pris, foutue à poils). Etonnant le karma du come back, tout de même. Elles me font marrer les fluctuations d'énergie. On me propose des trucs. Je dis oui. A tout. Je demande de l'argent quand même. Je m'occupe. J'essaie, comme toujours.

C'est un truc que je changerai pas, même si je fais le tour du monde. Je passerai ma vie à essayer des trucs. Essayer de jouer, essayer de travailler, essayer de dormir, essayer les drogues, essayer les partouzes, essayer la vie à deux, et puis non, en fait oui, tenter le désespoir, tenter l'exotisme, essayer d'être féminine, essayer d'être un mec, essayer d'être hétéro, essayer d'être homo, essayer l'abstinence, essayer les matins-bonheur et les petits déjeuners au lit, essayer encore une fois de jouer la partie de basse de "This place hotel" sans se planter, essayer de faire de l'administration, essayer tous les métiers, essayer d'être hype, essayer d'être straight edge, essayer les fromages allégés, essayer de lire Proust, essayer la mort, essayer de fonder une famille, essayer d'être une femme, essayer d'être une mère, essayer d'être moi...
Tout foirer?
Mais non, je rate rien puisque j'essayais, juste...

samedi 14 mars 2009

Plumes et Crayons, la promo!

Mon éditeur lance un concours pour promouvoir les nouveaux auteurs édités!
1er prix : une planche originale d'un dessinateur de BD connu...

ALLEZ FAIRE UN TOUR!